Infocra – Information Centres de rétention administrative

Le paria est heureux de signaler la création d’un site internet destiné à informer et alerter sur les centres de rétention.
Pour mémoire, dans le nouveau projet de loi « asile et immigration » en préparation, le gouvernement s’apprête à allonger de 45 à 90 ou 135 (selon les versions) la durée légale de rétention administrative des étrangers.

Cette dernière semaine, la violence dans les Centres de Rétention s’est accrue. Passages à tabac, déportations de personnes scotchées et droguées et surtout tentatives de suicide. En moins de 7 jours, il y en a eu plus de 4 à notre connaissance. Pour rendre compte de cette violence institutionnelle qui s’exerce au CRA, nous publions les propos de retenus actuellement enfermés. Nous avons retranscrit la discussion du parloir.

APPEL
RASSEMBLEMENT JEUDI 15 MARS 2018 À 14H
CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIF
4 RUE DE PARIS LE MESNIL AMELOT

LA enfermé au Centre de Rétention Administratif du Mesnil Amelot        

Ils te réveillent le matin, l’après-midi, pas possible de dormir, de se reposer. Ajoute les bruits d’avion qui passent tout le temps. Ils font des blocs spéciaux : le  bâtiment 4, c’est les algériens, le 6, les blacks. Un guinéen, 3 jours après être arrivé, ils l’ont scotché et embarqué.»
TOUS LES TÉMOIGNAGES SUR LE SITE DU COLLECTIF ANTICRA

Ces dernières semaines dans une prison française pour sans-papiers, des hommes et des femmes enfermé.es ont fait face à la violence carcérale qui tentait de les briser.

Car aujourd’hui dans les centres de rétention français, on tabasse dans les recoins de couloir, on drogue aux an­ti-dépresseurs avant d’enfermer au « mitard », on pique et scotche des « clandos » appelé.e.s « paquets », à parquer au fond d’un avion. Ces prisons, ils et elles les décrivent comme des « Guantanamo à la française ». Ils et elles y entendent le bruit assourdissant des avions, au-dessus de leur tête toute la journée. Les flics leur disent « le prochain ce sera pour toi ». Ils et elles y sont trié.es par nationalité : « les Algériens, les Marocains, les Noirs » mais au final tous et toutes y sont appellé.es par un matricule. On leur dit : « t’es juste un blédard, juste un clando ».

Alors la résistance s’organise. On se serre les coudes, on prévient les contacts à l’extérieur quand le camarade est embarqué. Et puis finalement on s’en prend à son propre corps, on le déchire, on le bouffe de l’intérieur, on le dé­coupe.

C’est ce qu’a fait F. en se jetant de 6 mètres. Pour s’en laver les mains, l’administration française a attendu son coma artificiel pour la « libérer ».

C’est ce qu’a fait T. en avalant des lames de rasoir, avant de se faire fracasser le crâne par une matraque et embar­quer pour l’aéroport.

C’est ce qu’a fait A. en se lacérant les veines. Il était de retour le jour-même en rétention puisqu’à l’hôpital, où on refusait de donner des informations à sa famille, on lui a expliqué qu’il n’y avait « pas assez de place » pour le garder.

Face à tous ces actes de résistance, l’administration et la police françaises répriment, par des coups, par le silence ou par l’anonymisation des corps qu’elles enferment et tentent d’écraser. Elles multiplient les procédures illégales : expulsion sans autorisation valide des personnes, refus de soigner ou recours au « soin » pour endormir et affaiblir. La rétention est l’aboutissement des logiques technicistes et gestionnaires de « l’illégalité de papier ». Il faut produire « du clandestin » et le ou la façonner comme quelque chose de triable et cassable. Il faut l’enfermer jusqu’à exercer sur lui ou sur elle un droit de vie et de mort pour matérialiser son assignation totale. Ce ne sont donc pas seulement les violences physiques et psychologiques dans les CRA que nous dénonçons, c’est aussi et surtout l’incarcération des étranger.es parce qu’ils et elles sont étranger.es, incarcération qui constitue par elle-même une violence au­jourd’hui peu reconnue.

Nous exigeons la mise au ban et la démission des directeur et directrices rétentionnaire qui non seulement cautionnent, mais aussi couvrent les passages à tabac et organisent cette violence raciste d’Etat :

Françoise Ciron pour le CRA 2 du Mesnil-Amelot
William Leriche pour le CRA 3 du Mesnil-Amelot
Bruno Marey pour les deux CRA de Paris (Paris – Vincennes et Paris – Palais de Justice)
Laurent Destouesse pour le CRA de Palaiseau
Virginie Coët pour le CRA de Plaisir
Et tous les autres. Nous appelons à dénoncer les actes de collaboration des médecins, traducteurs.ices et avocat.es.

       Nous demandons la fermeture de tous les lieux d’enfermement.

RASSEMBLEMENT JEUDI 15 MARS 2018 À 14H
CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIF
4 RUE DE PARIS LE MESNIL AMELOT