Racisme au travail

Actualités sur la question du racisme au travail

– S’unir pour ne plus subir : une journée organisée par le FUIQP-Paris banlieues le 24 novembre
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Mort au travail d’une employée de la mairie du 20e : le directeur général des services accusé de racisme et de harcèlement
– Accusations de harcèlement sexuel et de racisme à la mairie du 20e (Streetpress)
– Ouverture d’une enquête à la suite des accusations de harcèlement à caractère raciste à la mairie de 20e arrondissement (Streetpress)
– Du harcèlement au travail : Sabine Vorin, agente de ménage antillaise décédée dans le 20e (Comité justice et liberté pour tous)
– Harcèlement sexuel à la mairie de Paris (Comité justice et liberté pour tous)

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Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) Paris banlieues

S’unir pour ne plus subir – Racisme au travail – réalités/combats

Samedi 24 nov. 9h-17h

Bourse du travail – Paris

Le FUIQP Paris-Banlieue 75 organise une journée de réflexion et d’élaboration sur l’articulation de la race et du travail. La date prévue est le 24 novembre, jour de la Marche contre les violences sexistes et sexuelles. Cet agenda correspond à celui des collectifs antiracistes et anticoloniaux en général, puisque ceux-ci se mobilisent en cette période de l’année pour lutter sur le terrain de la production. Nous déplorons que des militantes antiracistes et féministes invitées par notre collectif ne puissent pas se joindre à nous, et nous déplorons réciproquement leur exclusion de fait, mais involontaire, que le choix de cette date induit.

Pourtant, nous souhaitons nous exprimer sur le sujet, car la problématique raciale au travail concerne au premier chef les femmes. Nous soutenons donc les camarades antiracistes qui souhaitent s’inscrire dans la marche contre les violences sexistes et sexuelles. Et nous les soutenons d’autant plus qu’elles constituent une minorité par rapport à la majorité féministe blanche, qui exclue les luttes anti-impérialistes, voire se fait complice de l’État français quand il s’agit de réprimer sous des prétextes racistes et islamophobes. Cette majorité, qui se dit pourtant féministe, contribue à occulter une bonne partie des violences sexistes et sexuelles perpétrées grâce à l’organisation capitaliste et néo-coloniale du travail, sur les femmes des pays du Sud.

Aussi, nous souhaitons porter conjointement à nos revendications antiracistes, celles spécifiques aux femmes non blanches, au travail. Et bien sûr, qui dit travail, dit production en entreprise, mais aussi travail domestique, c’est-à-dire à la maison. Et les revendications des femmes immigrées ne sont pas les moindres : alors que la classe moyenne blanche se révolte contre la libéralisation de l’emploi, les femmes de l’immigration ont connu depuis toujours les emplois à domicile, les temps partiels et fragmentés, les déplacements non rémunérés entre deux patrons. Avec la reconfiguration libérale du marché de l’emploi, quelles places leurs seront accordées à l’avenir ? on redoute un chantage grandissant à la flexibilité. […]

(Accéder au communiqué sur facebook)

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Accusations de harcèlement sexuel et de racisme à la mairie du 20e arrondissement de Paris.
L’intéressé nie en bloc

publié le 12 novembre 2019 sur Streetpress par Timothée de Rauglaudre et Mathieu Molard

Le décès récent d’une femme de ménage fait émerger de très nombreuses accusations à l’encontre du directeur général des services de la mairie d’arrondissement. Selon plusieurs témoignages, il aurait multiplié les propos racistes et sexistes depuis 2008

Paris, 20e arrondissement – Lundi 17 septembre vers 17h, une étudiante pousse la porte de la bibliothèque Couronnes-Naguib Mahfouz située à deux pas du parc de Belleville. À l’intérieur, elle aperçoit de l’eau qui s’écoule sous une porte. Elle la pousse et découvre avec horreur, dans les vestiaires, le corps inerte d’une femme. Sabine Vorin, 59 ans, était en train de se changer lorsqu’elle a été prise d’un arrêt cardio-respiratoire. Le robinet était resté ouvert. La femme de ménage était de « santé fragile » et asthmatique, souligne Bertrand Pieri, délégué CGT de la direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris. Surnommée « Annie », son deuxième prénom, par ses proches, la femme d’origine guadeloupéenne faisait le ménage dans cette bibliothèque depuis six ou sept ans.

Ce lundi, jour de fermeture, elle travaillait de 6h à 11h, seule sur son poste. Elle est ainsi restée inanimée toute la journée, sans personne pour appeler les secours, jusqu’à l’arrivée de l’étudiante. Car depuis une bonne dizaine de jours, son unique collègue au nettoyage était partie sur un autre site et n’avait pas été remplacée. Cet été déjà, la CGT alertait la mairie en comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sur l’isolement fréquent des femmes de ménage sur leur poste de travail. Sans réaction. Cette fois-ci, la CGT obtient la tenue d’un CHSCT exceptionnel et l’ouverture d’une enquête, toujours en cours à ce jour. Selon le syndicaliste Bertrand Pieri, la ville prend le dossier très au sérieux :

« La mairie de Paris a demandé à la DILT [Direction de l’immobilier, de la logistique et des transports, en charge des employés de ménage, ndlr] que plus aucune femme de ménage ne soit seule sur son poste. »

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La mort brutale de Sabine Vorin a fait remonter à la surface des accusations à l’encontre de Didier C. Plusieurs employés ou anciens employés, que StreetPress a rencontrés, accusent le directeur général des services de la mairie d’arrondissement d’actes discriminatoires répétés. Propos à caractère raciste, grossophobie, harcèlement sexuel et moral… Les faits évoqués sont particulièrement graves et s’étalent sur plusieurs années. Contacté par StreetPress, Didier C. explique rejeter « fermement et en bloc ces accusations [le] concernant ». […] (lire l’article)

Ouverture d’une enquête à la suite des accusations de harcèlement à caractère raciste à la mairie de 20e arrondissement

publié le 14 novembre 2019 sur Streetpress par Timothée de Rauglaudre et Mathieu Molard

Après la publication de notre enquête consacrée aux accusations de harcèlement sexuel et de racisme à la mairie du 20e, la mairie de Paris annonce saisir l’Inspection générale de la ville de Paris afin qu’elle conduise une enquête administrative.

Après la révélation de l’affaire par le CJL et au lendemain de la publication de notre enquête détaillant les très nombreuses accusations de racisme et de harcèlement sexuel à la mairie du 20e arrondissement, la mairie de Paris annonce à StreetPress demander l’ouverture d’une enquête administrative :

« Au regard des éléments portés à notre connaissance, la maire de Paris et la maire du 20e arrondissement ont décidé de saisir l’Inspection générale de la ville de Paris afin qu’elle conduise une enquête administrative indépendante qui permettra de faire toute la lumière sur les faits qui sont reprochés au DGS du 20e. »

Plusieurs agents municipaux, interrogés par StreetPress, accusent le directeur général des services, Didier C., d’avoir tenu des propos à caractère raciste ou grossophobe à de nombreuses reprises. Plusieurs employés de la mairie voient également une discrimination raciale dans leur non-titularisation ou dans le refus de renouveler leur poste. Bachir Boulegriblet, ancien agent de la mairie du 20e, a de son côté porté plainte pour harcèlement sexuel et moral et agression sexuelle. Sa première plainte a été classé sans suite. En 2017, le plaignant a relance la procédure auprès du doyen des juges d’instruction en se constituant partie civile. Il doit prochainement être auditionné par un juge d’instruction. (lire l’article)

Du harcèlement au travail : Sabine Vorin, agente de ménage antillaise décédée dans le 20e

publié le 21 octobre 2018 par le Comité justice et liberté pour tous (CJL)

Sabine Vorin

Sabine Vorin, agent de ménage, a été retrouvée morte, seule, dans les toilettes de la bibliothèque municipale Naguib Mahfouz du 20ème arrondissement de Paris, le 17 septembre. Elle travaillait précédemment dans l’enceinte de la Mairie de ce même arrondissement. La défunte avait été déplacée par son supérieur direct à la bibliothèque pour échapper aux remarques racistes, sexistes et grossophobes, proférées par le Directeur Général des Services de la Mairie.

Selon toute vraisemblance, l’agente de ménage quinquagénaire aurait succombé alors qu’elle était en train de se changer. Les syndicats n’ont pas manqué de soulever la question du travail isolé. Le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) rappelle ainsi que « le travail isolé aggrave la dangerosité de l’activité (…) et que la durée d’isolement majore le risque. » En effet un travailleur seul est davantage susceptible de faire un malaise et d’y succomber, puisque personne n’est présent pour donner l’alerte, appliquer les premiers gestes de secours, appeler les pompiers. Dans un autre cadre, Sabine aurait sans doute survécu à ce qui semble être un AVC.

Lors des obsèques qui se sont tenues au cimetière du père Lachaise, plusieurs collègues de la défunte ont été irrités de constater la présence du Directeur Général des Services (DGS), l’inénarrable Didier Conques – voir notre enquête sur le harcèlement sexuel à la mairie de Paris. Le responsable du service de nettoyage a, selon le témoignage d’un employé de la mairie présent sur les lieux et ayant requis l’anonymat, refusé de serrer la main du DGS.

« Il n’aime ni les noirs, ni les arabes, ni les Rroms, ni les femmes, ni les gros »

Pourquoi une telle irritation? Pourquoi une telle défiance à l’égard de ce fonctionnaire de premier plan ? Les langues ne se délient pas facilement quand il s’agit d’évoquer la personne de M. Conques.

Les fonctionnaires sont, bien sûr, tenus au devoir de réserve mais cela ne suffit pas à expliquer la loi du silence qui semble régner au sein de cette municipalité. Et au vu du nombre d’employés sanctionnés ou déplacés, on comprend que la sécurité de l’emploi au sein de la fonction publique n’est plus ce qu’elle était, tout au moins au sein de la mairie du 20ème. A la précarisation croissante dans la fonction publique territoriale – qui n’est pas propre à la municipalité du 20ème- s’ajoute un climat de terreur instauré par Didier Conques qui s’est distingué par de multiples cas de harcèlements, y compris sexuel.
(lire l’article)

Harcèlement sexuel à la mairie de Paris

publié le 11 octobre 2018 par le Comité justice et liberté pour tous (CJL)

Le bras droit de Frédérique Calandra, maire du 20ème arrondissement de Paris qui faisait déjà l’objet selon la CGT d’un signalement auprès de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations, aujourd’hui rebaptisée Le Défenseur Des Droits) avait défrayé la chronique en interdisant l’usage de toute autre langue que le français dans l’enceinte de la mairie sous couvert d’application de la laïcité. Les mauvaises langues diront que la langue visée était l’arabe. Cette fois, c’est une plainte pour harcèlement moral, harcèlement sexuel, agression sexuelle et incitation à la violence qui vise le Directeur Générale de Services de la Mairie du XXème Arrondissement de Paris, Mr Didier Conques.

Un an après le séisme provoqué par l’affaire Weinstein, le Comité Justice & Libertés Pour Tous (CJL) inaugure son service d’investigation avec la mise en ligne de son site internet et la publication d’une enquête consacrée à une affaire de harcèlement sexuel au travail au sein de la mairie de Paris. En effet, une plainte pour harcèlement moral, harcèlement sexuel, agression sexuelle et incitation à la violence a été déposée contre le bras droit de la maire du XXème, Didier Conques, Directeur Générale des Services (DGS) –plus haute autorité administrative au sein de la mairie.

Fait rare, la victime est ici un homme. Si d’autres ont souffert des actes de harcèlement du DGS, Bachir B. est le seul à avoir porté plainte.  Selon une étude publiée au printemps 2018 par le Défenseur des Droits, seules 5% des victimes de harcèlement sexuel au travail portent plainte.

Mais il ne suffit pas de porter plainte pour voir son agresseur présenté devant un juge, surtout quand celui-ci est le numéro deux de la mairie et qu’il est protégé par les plus hautes autorités de la Ville de Paris. A commencer par Frédérique Calandra, maire du XXème arrondissement de la capitale qui, de l’indéfectible soutien à son mentor DSK mis en examen pour viol jusqu’aux attaques répétées contre des féministes comme Rokhaya Diallo ou Sylvie Tissot, laisse entrevoir une conception bien particulière des questions de harcèlement sexuel. (lire l’article)