Fermez les centres de rétention !

Nous publions ci-dessous :

“Fermez les centres de rétention !” : une pétition lancée par le cercle des voisins du centre de rétention de Cornebarrieu/Toulouse le 15 mars 2020.
Communiqué interassociatif pour la libération de toutes les personnes étrangères enfermées : “Suspicion de coronavirus au CRA de Cornebarrieu (Toulouse)”, publié le 16 mars 2020.
Communiqué émanant de personnes incarcérées au Centre de rétention de Lille-Lesquin : “On préfère mourir de faim que cette merde !”, publié le 16 mars 2020
“Il faut libérer tous les étrangers sans papiers retenus dans les CRA !” article publié le 17 mars 2020 par Street press.
Suspicion de coronavirus au Centre de Rétention de Cornebarrieu : les associations veulent la libération des détenus, publié le 17 mars 2020 par France3 Occitanie.
Coronavirus : grève de la faim au centre de rétention de Lille Lesquin, publié le 17 mars 2020 par Médiacités

Pétition : “Fermez les centres de rétention !”
Une pétition lancée par le cercle des voisins du centre de rétention de Cornebarrieu/Toulouse le 15 mars 2020.

La France a mis en place un système de rétention administrative qui doit se limiter au temps strictement nécessaire pour éloigner les personnes étrangères en situation irrégulière.
Avec la pandémie en cours de plus en plus de pays adoptent des mesures de protection. Les frontières se ferment et il n’existe plus de perspective de renvoi.
Dans ce contexte, la rétention ne se justifie plus.
Il faut dès à présent mettre un terme aux arrestations de sans-papiers, fermer les centres de rétention et libérer ces femmes et ces hommes sans attendre que la justice ne le fasse par le simple constat que les perspectives d’éloignement sont devenues nulles.
Une lettre ouverte a été envoyée dans ce sens au Président Emmanuel Macron, elle peut être consultée sur ce lien.
Retrouvez ici la liste des Associations et Collectifs qui soutiennent cette initiative.

Signez la pétition

Communiqué pour la libération de toutes les personnes étrangères enfermées
publié le 16 mars 2020
Suspicion de Coronavirus au CRA de Cornebarrieu (Toulouse)
Alors que des révoltes ont éclaté dans les prisons italiennes, que les parloirs dans les prisons sont interdits en France pour certaines personnes (les plus fragiles, mais qu’est ce qu’elles font en prison tout d’abord), voici que le Corona virus arrive dans les Centres de Rétentions Administratifs (CRA). Contre tous les enfermements, liberté pour tou-te-s !

Communiqué interassociatif

SUSPICION DE CORONAVIRUS AU CRA DE CORNEBARRIEU :

IL EST URGENT DE LIBERER L’ENSEMBLE DES ETRANGER.E.S ENFERME.E.S EN CENTRE DE RETENTION !

La France a été placée en stade 3 de la pandémie du Coronavirus depuis le samedi 14 mars 2020 dans le but de limiter les conséquences de la propagation du virus.

Ce lundi 16 mars 2020, deux personnes étrangères retenues au centre de rétention de Cornebarrieu ont été placées en isolement en raison de suspicion de contamination au Coronavirus.

En maintenant des étranger.e.s dans un lieu confiné dans lequel ils et elles ont été en contact avec des personnes malades, l’administration fait courir un risque de contamination à l’ensemble des étranger.e.s retenu.e.s ainsi qu’au personnel du centre.

Cette situation met gravement en danger les personnes enfermées et les différents personnels présents au centre de rétention. Elle porte également atteinte à la dignité de l’ensemble des retenu.e.s et méconnaît de manière totalement injustifiée l’impératif constitutionnel de santé publique.

La Cimade n’est déjà plus en mesure d’intervenir, laissant de surcroît les personnes retenues sans aucune assistance juridique.

La loi prévoit qu’un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ.

Alors que de plus en plus de pays suspendent leurs liaisons terrestres, maritimes ou aériennes avec la France, les conditions légales permettant le maintien en centre de rétention de ces personnes ne sont manifestement plus réunies.

Il est donc particulièrement surprenant que la Ministre de la Justice ait compté les procédures de prolongation de la rétention des étranger.e.s parmi les contentieux essentiels qui doivent être maintenus malgré la fermeture des tribunaux.

Au centre de rétention de Lesquin, les personnes retenues refusent désormais de fréquenter le réfectoire de peur d’être contaminées et renoncent donc à s’alimenter.

Dans ces conditions et avant que la situation ne devienne intenable, seule la libération de l’ensemble des étranger.e.s retenu.e.s en centre de rétention permettra de concilier l’impératif de santé publique avec le respect de la dignité, l’intégrité physique et le droit à la santé de ces personnes.

Toulouse, le 16 mars 2020,

Communiqué émanant de personnes incarcérées au Centre de rétention de Lille-Lesquin
publié le 16 mars 2020
« On préfère mourir de faim que de cette merde ! »

Infos depuis le Centre de Rétention Administratif (CRA) de Lesquin.
Vendredi, le 13/03/2020, nous avons appris qu’au moins un cas de coronavirus a été confirmé au sein du CRA. Si la personne a été évacuée, aucune mesure n’a été prise pour notre sécurité vis-à-vis de l’épidémie. Les policiers de la Police aux Frontières (PAF) ont des gants et des masques, et nous, rien.
Nous avons donc décidé d’arrêter de fréquenter les espaces collectifs du centre de rétention, afin de nous protéger, ce qui implique le réfectoire. Nous ne mangeons donc plus depuis maintenant trois jours pour beaucoup d’entre nous.
Autres conséquences :
– l’association, présente habituellement pour nous aider à faire valoir nos droits, est absente. Comment nous défendre et nous informer ?
– les visites de nos proches et soutiens sont également interdites renforçant notre isolement.
– de nombreuses audiences du juge des libertés et de la détention sont reportées, or c’est à l’occasion de ces audiences que nous pouvons être libérés. Et nous ne pouvons pas rester enfermés sans autorisation du juge.
– la plupart des liaisons internationales en avion (et notamment vers l’Italie, le Maroc) sont annulées. Si dans tous les cas nous ne pouvons pas être expulsés à quoi bon nous garder ?

Pour notre survie et le respect de nos droits, nous exigeons la liberté immédiate de toutes les personnes enfermées au CRA de Lesquin et dans tous les centres de rétention !

Face à l’isolement et l’inquiétude dans lesquels nous sommes, nous souhaitons faire entendre nos voix via la diffusion de ce message. Faites – tourner !

Vous pouvez aussi nous appeler sur les numéros de cabine du CRA pour prendre de nos nouvelles, faire sortir nos messages.

Il faut libérer tous les étrangers sans papiers retenus dans les CRA !
Publié le 17 mars 2020 par Street press
Malgré le passage en stade trois du dispositif de gestion de l’épidémie de coronavirus et la fermeture des frontières, les étrangers sans papiers continuent d’être arrêtés et placés en centre de rétention administrative.

« Ce n’est clairement pas essentiel aux intérêts de la nation que les centres de rétention restent ouverts », affirme l’avocate en droit des étrangers Flor Tercero, entre deux préparations de demandes de mise en liberté. Pourtant, malgré la situation de crise sanitaire liée au coronavirus, le ballet des personnes privées de libertés continue dans les centres de rétention. « Les retenus sont toujours placés, emmenés devant les juges, les OQTF [Obligations de quitter le territoire français] continuent d’être délivrées et hier on a eu de nouvelles personnes qui sont arrivées… », relate ce lundi Justine Girard, coordinatrice de l’ASSFAM en permanence dans le centre de rétention de Vincennes. Karim (1) et Rachid (1), retenus au centre de rétention de Lille-Lesquin ainsi qu’Abdou (1), enfermé à Toulouse-Cornebarrieu ont eux aussi vu de nouvelles têtes depuis ce week-end.

(Lire l’article)

Suspicion de coronavirus au Centre de Rétention de Cornebarrieu : les associations veulent la libération des détenus
Par Corinne Carrière, article publié le 17 mars 2020 par France3 Occitanie
Ce lundi, deux personnes étrangères retenues au centre de rétention administrative de Cornebarrieu, près de Toulouse, sont placées en isolement en raison de suspicion de contamination au coronavirus. Des associations demandent de “libérer en urgence” les 63 étrangers enfermés dans le centre.

Dans un communiqué, plusieurs associations qui viennent en aide aux étrangers enfermés au centre de rétention administrative (CRA), déclarent qu’il est “urgent de libérer l’ensemble des étrangers enfermés au centre de rétention de Cornebarrieu“.

Un risque pour les étrangers enfermés et le personnel 

Anita Bouix de l’association ADE (association d’aide aux étrangers) s’inquiète du risque de propagation. D’autant plus que, selon cette militante, une nouvelle personne a été admise au centre de rétention ce lundi 16 mars, malgré la suspicion de coronavirus. (lire l’article)

Coronavirus : grève de la faim au centre de rétention de Lille Lesquin
Par Clémence de Blasi, article publié le 17 mars 2020 par Médiacités
Depuis l’annonce, vendredi 14 mars, qu’au moins un cas de coronavirus a été détecté au Centre de rétention administrative Lesquin, les étrangers retenus refusent de s’alimenter pour demander leur remise en liberté.

Soit on meurt de faim, soit on meurt du coronavirus, résume Ahmed, 35 ans, enfermé depuis 14 jours au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Lesquin, au sud de Lille. On a tous très peur, ce sont nos vies qui sont en jeu. Ici, c’est la panique et tout le monde s’en fout : on s’est adressés à plein de gens et personne ne nous répond. Pour qu’on nous écoute, je ne vois pas d’autre moyen que la grève de la faim… » Cet Algérien, père de deux enfants, vit en France depuis une dizaine d’années. Comme les autres personnes retenues près de l’aéroport de l’agglomération lilloise, il attend avec angoisse d’être fixé sur son sort.

« La personne infectée a d’abord été placée à l’isolement, puis évacuée en ambulance la semaine dernière, raconte Kheir‐Eddine, 26 ans. Depuis, les policiers ont des masques, des gants, du gel. Nous, rien du tout à part du savon : on ne peut pas vraiment se protéger. Le stress nous rend malades, on ne sort plus de nos chambres. » Le jeune homme, né en Algérie lui aussi, attend depuis 35 jours sur le site de Lesquin, après cinq ans passés en France sans papiers. (lire l’article)